LA MUTUALITE C’EST L’EXPRESSION DE LA SOLIDARITE FACE A L’ADVERSITE

Notre histoire commence en 1975 lorsque la société civile et quelques parents d’élèves constatent avec inquiétude que nombres d’enfants scolarisés se trouvent privés de sorties pédagogiques organisées par de plus en plus d’établissements, dans le cadre scolaire, au motif que ces élèves n’ont pas souscrit d’assurance adéquate.

En effet, la réglementation en la matière prévoit, tant pour la tranquillité du maître que pour la sécurité des élèves, que lors de telles sorties ceux-ci soient garantis par une assurance couvrant les risques encourus tant pour eux-mêmes que vis-à-vis des tiers.

Les seules possibilités d’alors sont proposées par des compagnies d’assurances traditionnelles oeuvrant sur le territoire et dont les primes demandées sont hors de portée de trop nombreuses familles.

Ainsi, au fil des mois, les sorties pédagogiques qui sont organisées par de nombreuses écoles et établissements ne concernent que les seuls élèves titulaires d’une attestation d’assurance. Les autres restent à l’école et, pour les plus chanceux d’entre eux, en étude ou à la bibliothèque de l’établissement, si toutefois celui-ci en possède une.

Cette situation tenant presque de la ségrégation a paru inacceptable à bon nombre d’entre nous et a interpellé également les autorités de l’État en Polynésie française qui se sont rapidement manifestées auprès d’un certain nombre de mouvements et d’associations afin de les inciter à trouver une solution acceptable et abordable à cette insupportable situation. Le gouverneur de l’époque a pris l’initiative de prendre en charge le coût du déplacement en France de deux responsables de la Fédération des Œuvres Laïques de Polynésie afin de prospecter et de trouver dans un délai rapide une solution satisfaisante.

C’est ainsi que dans un premier temps, par l’intermédiaire de la Ligue Française de l’Éduction, une solution fut trouvée par l’établissement à un coût modique, d’un contrat collectif non nominatif couvrant les élèves d’un établissement scolaire pour tous les risques d’accidents survenant à l’occasion des sorties pédagogiques qu’ils seraient amenés à effectuer.

Cette solution permit à de nombreux élèves de pouvoir, comme leurs camarades, bénéficier des avantages et profits de ces sorties à caractère pédagogiques qui ne cessaient de se multiplier.

Mais bien vite, les limites de cette formule apparurent à certains parents qui souhaitaient que leurs enfants puissent continuer à bénéficier d’une couverture d’assurance scolaire en dehors de ces sorties pédagogiques et essentiellement et surtout durant les vacances scolaires à l’occasion desquelles, beaucoup se retrouvent en centres aérés ou colonies de vacances.

Il est apparu rapidement que l’assurance scolaire individuelle était un complément indispensable aux contrats collectifs souscrits par les écoles et les établissements.

Les parents d’élèves se sont alors mobilisés autour du projet de la mutualité, par la mise en œuvre de la notion de solidarité laquelle est aussi l’un des fondements forts de la société traditionnelle polynésienne.

De nouveaux contacts eurent lieu et, en 1979 fut créée la première mutuelle constituée des parents d’élèves et administrée par eux-mêmes.

Le choix se porta sur l’association partenariale avec un important réseau mutualiste national spécialisé dans ce secteur, celui des MAE.

C’est ainsi que depuis cette date, les principaux bénéficiaires de l’assurance scolaire de leurs enfants en sont aussi les dirigeants et les décideurs de leur avenir grâce au statut particulier de la mutualité qui régit la MAE de Polynésie.